Emmanuel Amon, cofondateur de Verdale, nous livre un édito sur le Conflit - Nos dernières sorties podcasts avec : Marie Eloy, cofondatrice de Bouge ta Boite, Antoine Grimaud, cofondateur de PayPlug, Benoit Grassin, cofondateur de MonDocteur, et Sébastien Jeanne-Beylot, CEO de The Good Experience.
Derrière Les Nouveaux Narrateurs, il y a FeuilleBlanche, producteur de médias, podcasts et récits stratégiques pour les marques.
Un projet à lancer ou un message à affiner ?
Le conflit : Tension du dialogue à la guerre
Loin de moi l’idée de faire une analyse géopolitique de l’état du monde. Mais à y regarder de plus près, la situation de notre planète aujourd’hui présente de nombreuses similitudes avec les situations de bon nombre d’organisations et d’entreprises. A l’extérieur de son territoire, c’est la guerre pour gagner un marché ou étendre son influence. En interne, la tension est plus feutrée, partant d’échanges abruptes vers des clivages profonds. Instruits par des non-dits, la perte de confiance et le désaveu s’installent, laissant des traces parfois douloureuses.
Depuis 6 ans, j’accompagne des start-ups dans la conception et le déploiement de leurs stratégies. Combien de fois ai-je entendu les questionnements des entrepreneurs sur leurs propres capacités à dérouler leur business plan, tout en restant parfaitement campés sur leurs certitudes de développement externes ? Ces questionnements cachent des inquiétudes plus profondes, parfois des dissensions qu’on ne veut pas aborder. Avec le temps, la frustration s’installe. De peur d’affronter ses pairs, chacun adopte une stratégie d’évitement sans en mesurer les conséquences.
« Plantés », le podcast qui donne la parole aux entrepreneurs qui ont échoué (clin d’œil à l’équipe FeuilleBlanche), exprime dans de nombreux épisodes ces cas de tensions, des montées en pression qui conduisent à des comportements incohérents.
Selon une étude en cours sur le conflit entre associés à paraitre en septembre prochain, plus d’un répondant sur 2 reconnaît pourtant que des signaux précurseurs étaient visibles et 1 sur 3 déclare qu’ils auraient ainsi pu être évités.
Les signaux faibles qu'on refuse de voir
Pour bien comprendre le mécanisme du conflit en entreprise et plus généralement en société, il faut bien avoir en tête que :
Le conflit n’apparait jamais clairement. Ils se bâtit progressivement : sur des impressions tout d’abord, par des décisions qu'on croit justes à l’instant où elles sont prises, par une répartition des tâches qu’on pense équitable, voire sur une réaction répétée à un évènement extérieur qui semble anodin.
Le conflit ne nait pas sur un incident ponctuel et isolé : il s’étend suivant une dynamique marquée par l’absence d’échanges et le ressenti de chacun au regard d’une situation non-exprimée.
Ainsi, une querelle mineure peut dériver en dispute plusieurs jours voire semaines après l’évènement. Entre temps, chacun aura « ruminé » l’altercation, réécrit l’histoire, justifié son comportement. La spirale de la conviction s’emballe et accentue la détérioration des échanges, jusqu’à, parfois, conduire à une situation irréversible, voire une rupture violente.
L’économiste autrichien Friedrich Glasl décrit ce processus dans un modèle d’escalade des tensions. Il détaille ainsi une gradation en 9 étapes des conflits classées en trois catégories pour le moins explicites : Dégradation, Dénigrement, Destruction.
L’attitude d’évitement, premier réflexe humain face à un risque, ne contribue que rarement à réduire les tensions entre les individus. En entreprise, elle permet de se recentrer sur d’autres enjeux sans traiter les points de désaccords. Elle devient en réalité le premier facteur de générations de tensions.
Comment sortir du conflit
L’entreprise est l’une des plus belles arènes que le conflit connait. Et les chiffres ne s’y trompent pas : en 2024, pas moins de 57.000 affaires contentieuses ont été traités dans les tribunaux de commerce en France, et plus de 106.000 aux conseils des prud’hommes. La meilleure façon d’en sortir est… de ne pas y entrer.
Ce qui ne signifie pas qu’il faut éluder la confrontation ! Rendre ses propos clairs et exprimer ses besoins en toute transparence sont la clé de voute d’un dialogue constructif et d’atteinte d’objectifs partagés. Les désaccords sont pour la plupart construits sur des interprétations d’attitudes, de propos. Il reste essentiel de les clarifier, de prendre le temps de les illustrer, de les creuser. Prenons le cas concret d’une répartition de capital entre deux associés. Quels sont les besoins derrière une demande d’être majoritaire ou d’équité des parts ? Est-ce l’illusion de pouvoir et de prise de décision « unilatérale » ? Est-ce l’impression d’avoir la main sur la vision, la stratégie ou une meilleure rétribution de son investissement ?
Il va de soi que, pour que le projet d’entreprise se déroule correctement, chacun de ces aspects doit être abordé, discuté et entretenu, avant de poser une simple répartition, qui n’est que la résultante des attentes de chacun.
Anticiper le conflit n’est possible que si les parties acceptent de prendre du temps pour la discussion, l’échange, la confrontation d’idées et de points de vue. Et quand des divergences persistent, elles doivent être acceptées par chacun, comprises et délimitées. C’est la « ligne blanche » que chaque partie prend soin de ne pas passer. Ne pas rentrer dans l’espace de conflit n’est possible que lorsqu’il est délimité.
Transformer le conflit en tension positive
Le Conflit peut être caractérisé comme une tension négative. Quand chacun accepte de réfléchir ensemble, partager des objectifs communs, la charge émotionnelle individuelle liée à la tension se transforme, diminue souvent, et peut se transformer parfois en tension positive.
En entreprise, une tension positive génère de la créativité et de la contradiction. Elle participe à couvrir tous les aspects d’une idéation, devient source de motivation et d’engagement, fait émerger des idées et conduit généralement à une matérialisation de ces dernières sur des bases solides.
Transformer le conflit en envie évite ainsi les écueils auxquels se confrontent les entrepreneurs. Encore faut-il le vouloir….
Emmanuel Amon, cofondateur de Verdale
À la veille de la cession, la mandataire de Marie Eloy reçoit un mail : “les repreneurs ne se présenteront pas à l’audience pour la reprise de Bouge te Boîte.” Pourquoi les repreneurs se retirent ? Comment Marie Eloy en est-elle arrivée là ?
Après avoir convaincu le CA de Femme de Bretagne, Marie Eloy se lance dans son idée forte : créer le premier réseau business d’entrepreneuses. Le constat de départ est sans appel : les femmes créent pour trouver du sens, mais les deux tiers n'en vivent pas. Bouge ta boîte naît pour briser ce plafond de verre. Avec Julie Bodin à la direction, elles transforment un sujet de niche en un mouvement national. Le succès est fulgurant : des tours de France organisés avec des bouts de ficelle, des événements qui font salle comble. Le réseau prouve son utilité et attire des actionnaires engagés.
Puis vient juin 2024. La dissolution de l'Assemblée nationale.
Du jour au lendemain, les grands groupes gèlent leurs budgets RSE. Les formations pour les carrières des femmes sautent en premier. Sur le terrain, la crise économique rattrape les entrepreneuses, qui n'arrivent plus à se payer, ni à régler leurs cotisations. La machine s'enraye.
Décembre : le premier plan social, un déchirement. Marie part alors chercher un repreneur pour sauver le mouvement. S'ouvre la procédure confidentielle : galvaniser les foules sur scène la journée, et s'effondrer de stress le soir. La tension est telle qu'avec son associée, elles s'en “cassent littéralement les dents à force de serrer les mâchoires”.
Trois offres sont déposées au tribunal. Un grand groupe est choisi. Tout semble sauvé, jusqu'à ce soir de juillet, à 20h, et ce coup de grâce. Le repreneur lâche tout la veille de l'audience. Quelque jours plus tard, les juges actent la liquidation immédiate.
En 2012, Antoine Grimaud et Camille Tyan ne se connaissent que de vue sur le campus de Harvard. Un post sur les réseaux sociaux pour une place de concert de Pink Floyd à Boston scelle leur destin.
De cette amitié mélomane naît une ambition folle : disrupter le monde très fermé du paiement avec PayPlug. Partis de rien, sans expertise monétique mais avec l'audace des agnostiques, ils bâtissent une solution qui va finir par attirer le regard des plus grands.
Dans cet épisode de Cash Out, Antoine nous plonge dans les montagnes russes d'une aventure entrepreneuriale hors norme. Il raconte d’abord le traumatisme de juillet 2014, ce matin où un partenaire stratégique les appelle pour leur annoncer qu'il débranche tout en une heure. C’est ce moment de survie pure, où l'équipe travaille jour et nuit pour reconstruire son autonomie, qui forgera la véritable valeur technologique de la boîte.
Le récit bascule ensuite dans les salons feutrés de l'Automobile Club de Paris pour le déjeuner de cession. Antoine nous dévoile la psychologie du "non-vendeur" : comment, en répétant cinq fois qu'ils ne sont pas là pour céder leurs parts, ils ont poussé Natixis à prononcer le chiffre magique qu'ils avaient secrètement imaginé : 25 millions d'euros.
Mais l'histoire ne s'arrête pas au chèque. Antoine se confie sur la décompression brutale du closing qui cloue les deux associés au lit quelques heures après la signature, et aussi sur la solitude du capitaine lorsque son binôme, Camille, décide de partir au bout de deux ans.
« On ne dealera pas avec Doctolib »
C’était la ligne rouge tracée par Benoit Grassin et ses deux associés, Nicolas et Thibault, lorsqu'ils ouvrent le capital de MonDocteur en 2018. Après cinq ans d’une compétition féroce, d’une « guerre physique » menée dans les salles d’attente des médecins de France, l’idée de céder à l’ennemi juré ressemble alors à une défaite. Pourtant, quelques mois plus tard, ils signent le rapprochement le plus important de la e-santé française.
Dans cet épisode de Cash Out, Benoit Grassin nous raconte les dessous d'une aventure entrepreneuriale née d'un culot monstre. Il nous replonge en 2013, à l’époque où la prise de rendez-vous en ligne affichait un taux de pénétration de 0%. Avec un bâton de pèlerin, il se souvient avoir démarché des centaines de praticiens un à un. Benoit nous dévoile les coulisses d’un deal schizophrène.
Il raconte comment Doctolib s’est invité à la table des négociations par une porte dérobée, déposant une offre « hors cadre » sur le bureau de l’actionnaire Lagardère.
S'ensuit une partie d'échecs : comment partager ses secrets les plus intimes avec son concurrent sans se faire piller ? Comment faire monter les enchères de 50% en jouant sur la peur des autres acquéreurs de se faire doubler ?
Une partie qui va se jouer le 12 juillet 2018, jour de la signature. Entre deux paraphages de liasses de papiers interminables, Benoit se rappelle le « temps suspendu » dans la salle de conseil, l'attente fébrile des virements bancaires et ce moment où son associé tend la clé contenant les codes d'accès aux serveurs, comme si on livrait la recette du Coca-Cola.
"Être entrepreneur et pessimiste, ça n'existe pas. On accepte un niveau d'emmerdes qui ferait fuir 95% des gens." Le ton est donné.
Dans cet épisode, Sébastien Jeanne-Beylot nous plonge dans les coulisses de son aventure entrepreneuriale et le rachat d’ex-In Extenso, devenu The Good Experience.
Sébastien n'est pas un adepte du long fleuve tranquille. Ancien "cancre" qui s'ennuyait sur les bancs de l'école, il a transformé ses difficultés scolaires en une résilience hors norme. Pour lui, l'école a été le terrain d'entraînement idéal pour apprendre à "prendre des baffes" et à se relever systématiquement. C'est ce tempérament de "démerdard", hérité d'une enfance heureuse où ses parents l'ont poussé à être le meilleur, peu importe la voie choisie, qui l'a mené à faire "tapis" à seulement 29 ans.
Imaginez le scénario : nous sommes en pleine crise du Covid, le secteur de l'événementiel est totalement sinistré, et Sébastien décide de racheter une entreprise de 32 ans. Pour y parvenir, il signe une caution personnelle sur l'intégralité de son patrimoine, acceptant une dette de plusieurs millions d'euros qui l'oblige à rembourser un million par an.
Il nous raconte avec sincérité la solitude face aux banques, les choix forts qu’il a fallu faire, notamment le rebranding complet qui fait perdre des clients historiques, et la douleur d'une passation de pouvoir avec le cédant qui finit par s'enrayer totalement.
(Re)Découvrez le média Fertiles
Le podcast qui brise les tabous sur la fertilité, et permettre de raconter tout haut ce que beaucoup vivent en silence
À 28 ans, la vie de Louve Jacob bascule : en quelques minutes, elle apprend qu’elle a un cancer du sein et que les traitements pour la sauver pourraient lui arracher sa fertilité. Pourtant, elle et sa compagne voulaient avoir un enfant. “L'image que j'ai eue, c'est vraiment un bris de verre. Vraiment. Quand on me l'a annoncé, je me suis sentie fissurée de partout.”
Dans cet épisode de Fertile, Louve Jacob raconte le séisme d'un diagnostic hormono-dépendant alors qu'aucune ombre ne planait sur sa santé. Elle nous emmène dans les coulisses d’une course contre la montre médicale : entre la pose d'une chambre implantable pour lutter contre le cancer, et une stimulation ovarienne d'urgence, elle doit sécuriser son avenir maternel. Elle vitrifie 14 ovocytes, et le vrai combat commence.
Louve livre un témoignage sur la force du couple face à la maladie, le soutien indéfectible de sa compagne Bettina, et la violence des mots médicaux comme la « castration chimique ». Mais au-delà de la survie, Louve dessine un nouveau chemin de résilience. Aujourd'hui en rémission, elle explore le deuil d'une grossesse biologique pour se tourner vers l'accueil d'enfants en besoin, prouvant qu'être fertile, c'est avant tout être “une fleur qui se sent bien dans sa peau, bien ancrée”. Un épisode sur la puissance de se sentir femme, au-delà des schémas attendus.
Le podcast qui explore dans chaque épisode, les liens entre santé intégrative, performance et conscience du vivant – chez les leaders, entrepreneurs et professionnels engagés
Neurologue et chercheuse en neurosciences, spécialisée dans les troubles de la mémoire et les maladies du vieillissement cérébral.
Ancienne interne et cheffe de clinique à la Pitié-Salpêtrière, elle a également mené des travaux de recherche à l’INSERM sur les fonctions cognitives et comportementales — mémoire, émotions, fonctions exécutives — et leurs altérations dans les pathologies neurologiques, traumatiques et psychiatriques.
Elle exerce aujourd’hui à l’Institut du Cerveau Trocadéro, un centre innovant qui réunit neurologues et psychiatres autour d’une approche globale du cerveau. Elle y accompagne des patients souffrant de troubles cognitifs ou neuropsychiatriques, en combinant traitements médicaux, remédiation cognitive, neurofeedback, réalité virtuelle, ainsi que des approches complémentaires comme la méditation ou la sophrologie.
En parallèle, Carole Azuar s’engage dans des prises de parole publiques sur les liens entre cerveau, émotions et société, et développe une démarche plus large mêlant science, art et transmission. Photographe sous-marine exposée en France et à l’international, elle est également marraine de l’association Les 111 des Arts Paris, qui soutient la recherche médicale et les enfants hospitalisés. Son parcours incarne une vision intégrative et profondément humaine de la santé du cerveau.
Avec elle, nous avons exploré comment la mémoire, loin d’être une fonction unique, reflète la complexité du cerveau, et comment comprendre les mécanismes biologiques de la maladie d’Alzheimer ainsi que l’impact du stress, du sommeil et des modes de vie permet de mieux préserver la santé cognitive et d’agir en prévention.
👉 Le Discernement, par Camille Morvan, fondatrice de Goshaba et du framework de Maturité Cognitive
👉 La Souveraineté Alimentaire, par Antoine Poupart, Président et Fondateur d'Atekka
👉 La Générosité, par Sandrine de Saint Sauveur, présidente et CEO d'APG
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